Assassinat de Benyahia : Salah Goudjil confirme la version du général Nezzar

Interrogé par le journal panarabe Al-Araby Al-Jadid sur les révélations faites par l’ex-ministre de la Défense nationale, le général Khaled Nezzar, dans la deuxième partie de ses mémoires qui paraîtront en octobre prochain, et dont Algeriepatriotique a publié des extraits, l’ancien ministre des Transports Salah Goudjil, qui a été nommé à la tête de la commission d’enquête sur l’affaire du crash de l’avion qui transportait Mohamed Seddik Benyahia, a confirmé la version du général Nezzar, à savoir que c’est l’ex-président irakien qui a donné l’ordre d’abattre ledit avion.

Goudjil affirme que lors de sa rencontre avec Saddam Hussein à Bagdad, ce dernier a nié toute responsabilité devant lui dans l’assassinat de l’ex-chef de la diplomatie algérienne. «Mais je l’ai confronté, explique Salah Goudjil, avec une preuve, à savoir que des restes de missiles trouvés dans l’épave confirment l’hypothèse d’un tir de missile», notant que l’engin «était de fabrication russe» et que «nous savions que l’Irak en possédait», assène l’ex-ministre des Transports. Et de conclure : «Il était alors clair que les Irakiens étaient impliqués dans l’incident du crash.»

Les aveux de Salah Goudjil s’arrêtent là, évitant d’évoquer l’attitude de l’ex-président Chadli Bendjedid sur cette histoire.

Allant à contresens des conclusions du général Nezzar, le journaliste et mémorialiste de Chadli Bendjedid, Abdelaziz Boubakir, prend sa défense. Dans un article posté sur sa page Facebook, Boubakir prétend grosso modo que les Irakiens ont abattu le Grumman qui transportait la délégation algérienne «par erreur», parce que ce qui était visé par les tirs irakiens, selon cette version, c’était un avion libyen de même type, qui transportait le bras droit de Kadhafi, Abdeslam Djelloud, envoyé pour «parasiter» la mission algérienne et parasiter par-là tout le processus de paix initié par l’Algérie dans le conflit irako-iranien.

D’après Boubakir, Chadli Bendjedid aurait sévèrement interpellé Saddam Hussein sur cette affaire, en lui disant en substance : «Nous savons que c’est vous qui avez donné l’ordre d’abattre notre avion, par erreur, mais ce que je vous demande, c’est de l’avouer en public, en le suppliant en ces termes : ‘’Je vous prie de ne pas me mettre dans l’embarras devant le peuple algérien, parce que je me suis engagé à lui révéler la vérité’’.»

Saddam aurait alors baissé la tête, en signe de reconnaissance. Boubakir avouera, toutefois, à la fin que «les équilibres de l’Etat et les relations internationales ont imposé de garder le silence sur cette affaire».

 

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