Emmanuel Macron s’apprête à «faire un geste» en faveur des harkis

Citant des sources informées, la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabia révèle que moins de quarante-huit heures après avoir annoncé, en grande pompe, des mesures qualifiées d’historiques pour aller vers la reconnaissance de la torture, et par-là des crimes commis par l’armée coloniale durant l’occupation de l’Algérie, le président français prend tout le monde à contre-pied, en s’engageant à ouvrir le dossier des harkis et à les reconnaître, révèle le quotidien parisien Le Figaro dans sa dernière édition.

«Le Président, qui a reconnu l’implication de la France dans la mort de Maurice Audin va bientôt faire un geste en faveur des harkis. Le dossier était dans les cartons depuis plusieurs mois. Il est désormais sur la table», rapporte Le Figaro. 

Selon la même source, Emmanuel Macron a chargé la secrétaire d’Etat, Geneviève Darrieussecq (Armées), de faire des annonces sur «la reconnaissance mémorielle» des harkis et leur système d’indemnisation. L’auteur de l’article rappelle l’engagement pris par Macron, pendant sa campagne électorale, de prendre ses responsabilités mémorielles «pour que chacune des parties ayant vécu la guerre soit rétablie dans sa dignité».

Il va sans dire que cette nouvelle annonce annihile de fait cet immense progrès osé par le président français, en reconnaissant à la fois la responsabilité de l’Etat français dans l’enlèvement et l’assassinat du militant nationaliste Maurice Audin et l’existence d’un «système» de torture érigé par l’armée française. Elle ne peut que décevoir les Algériens qui ont applaudi ces premières décisions, dans la mesure où une éventuelle reconnaissance de ces anciens supplétifs de l’armée ennemie reviendrait à reconnaître une légitimité à la colonisation et, par conséquent, aux opérations de répression sanglantes menées contre la population et les résistants algériens durant la période de la guerre.

Ce n’est pas la première fois que Macron revienne sur ses engagements sur cette question brûlante de l’histoire. On se souvient notamment de sa fameuse déclaration, à Alger, où il a qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité» avant de s’en démarquer le lendemain, en rentrant à Paris.

 

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