Enquête: Voici le portrait Bensalem le monstre qui était derrière la mort de Kemeldine Fekhar !

Depuis le 22 février dernier, des millions d’Algériens sortent quasi-quotidiennement dans les rues de toutes les wilayas, réclamant le départ du système qui dirige le pays depuis l’indépendance. La revendication première et majeure des manifestants, à travers toutes ses marches et actions de rue, depuis le début du mouvement citoyen, est le changement radical du régime politique ainsi que l’établissement d’une justice libre et indépendante, s’appuyant uniquement sur les lois avec les garanties connues sur le plan international.

Malgré la formation du club des juges indépendant qui, comme les millions de citoyens, dénonce « la justice du téléphone », l’autre nom de la justice arbitraire et le trafic d’influence, Ghardaïa reste en dehors de ce souffle de changement qui embaume les quatre coins du pays, depuis plus de trois mois sur la totalité du territoire national… ou presque.

En effet, depuis les années 2000, pour ne pas remonter plus loin, la communauté M’zab continue de compter les victimes d’une justice corrompue, raciste et arbitraire. Qui est ce procureur général qui ordonne l’arrestation de tout militant mozabite qui oserait dénoncer la corruption, les détournements de fonds, du foncier et de la ségrégation raciale ? A Ghardaïa, l’arbitraire a un nom, celui d’un homme qu’on désigna procureur général du tribunal de Ghardaïa : Mohamed Ben Salem.

Mohamed Ben Salem est natif d’Aïn Safra, au Sud Ouest du pays. Présumé né en 1954, il est de la tribu de Laamour, fraction des Sawala. Son « Curriculum Vitae » très controversé sème bien des doutes quant à son intégrité et la transparence dans son travail. Ses liens avec le Front Islamique du Salut (FIS) en sont, du moins confirmés. Mohamed Ben Salem, est connu pour ses penchants pour le parti islamique dissout, l’ancien Front Islamique du Salut (FIS), qui était derrière la violence en Algérie, avec le projet d’un état Islamique. Il était même en relation très étroite avec de très dangereux terroristes dont le fameux Makhloufi Laradj, bien connu dans la région de Béchar. Il avait installé le quartier général du FIS dans la maison familiale, pendant les élections locales de 1990; et avait même organisé une très grande cérémonie à l’occasion de la victoire du FIS aux élections, en l’honneur du leader du parti islamique, selon le témoignage d’une de ses victimes, à Ain Safra, qui préfère garder l’anonymat, par crainte de représailles.

Sa « carrière »

Il entame sa carrière comme procureur de la République à El Bayad, toujours au Sud Ouest du pays. En 1975, avant d’être muté à Mesâad, dans la wilaya de Djelfa, dans les années 1980 où il avait été suspendu, à l’époque, par Ali Benflis qui était ministre de la Justice (du 09/11/1988 au 22/02/1992), puis a réintégré le corps de la magistrature avec le même grade, à l’époque du ministre Mohamed Teguia. (du 08/07/1992 au 27/11/1995). Ce n’est que plus tard qu’il fut muté à Sig, dans la Wilaya de Mascara à la fin de l’année 1992. C’est suite à la proposition du procureur général de Mascara qu’il fut encore, une fois de plus, suspendu ensuite muté à Adrar, toujours à cause de ses penchants au parti dissout. Au mois de décembre 1992, le procureur général de Mascara avait établi un rapport accablant sur Mohammed Ben Salem, qui fut muté à Adrar, et le procureur général en question fut assassiné au lendemain de cette suspension. Ben Salem fut désigné à la cour d’Adrar, par la suite, il fut transféré à la cour de Béchar, où il avait été chargé de présider la cour. Mais suite à un rapport accablant du général Benhadid, il fut une nouvelle fois suspendu, par le ministre Adami, après que des suspicions aient pesé sur lui pour avoir prêté main forte, dans les coulisses de la cour, à des terroristes pour leur garantir la relaxe.

Il fut désigné à la cour suprême grâce à l’intervention de son ami Alioui; et fut élu, par erreur, au conseil supérieur de la magistrature, mais le ministre Belaiz avait mis fin à ses fonctions plus tard, raconte une source du ministère de la Justice. L’article El Watan, du 27 octobre 2014, souligneà ce propos, que «Mohamed Ben Salem est connu dans les rangs de la justice pour avoir été membre du bureau permanent du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), et surtout pour avoir fait partie de la sous-commission «Paris», de supervision de l’élection présidentielle du 17 avril 2014, couvrant le nord de la France, […] il fut désigné, procureur général à la cour de Ghardaïa, sur proposition du ministre Louh, avec l’appui de Saïd Bouteflika ».

Plus loin, dans ce même article, il est aussi précisé que «lors la cérémonie d’installation, […] le nouveau procureur général a, dans une brève allocution, déclaré que sa mission première est d’appliquer les dernières règles en matière de justice du président de la République, notamment la procédure juridique de la détention provisoire». Malgré ledit départ du clan d’Oujda et celui de l’ancien ministre Tayeb Louh, cette règle reste d’actualité, mais appliquée de manière arbitraire et sélective notamment contre les M’zabs.

Trafic d’influence et laxisme du parquet

Mohamed Ben Salem profite de sa « carrière »  pour créer un réseau de relations avec des juges et des parquetiers, siégeant à différents niveaux du corps de la justice, afin d’éviter d’éventuelles poursuites judiciaires aux membres de sa famille et fraction ainsi qu’à ses relations, dans des affaires de trafic d’influence et même de drogue.

Pour ce dernier volet, nous évoquerons l’affaire d’un certain Rebbouh Mohamed, membre de la fraction des Sawala, à Ain Sefra, qui travaille à la protection civile. Il a été arrêté, à son retour de la frontière ouest, en possession de 14 kilos de drogue traitée. Au vu des nombreuses connaissances, il bénéficia d’une peine «clémente» de 7 ans de prison ferme, au lieu de la peine à perpétuité ; et ce grâce à l’intervention de Mohamed Ben Salem et de Boualem Boualem, juge à la cour suprême, qui l’aide à diriger le réseau de lobbyistes, au profit de leur tribu.

Pour information, Boualem Boualem n’est autre que le cousin du PG en question; et a été proposé dans la commission anti-corruption par l’ancien ministre de la justice Tayeb Louh et Benamar Zerhouni, avec qui il a une alliance familiale, raconte un agent des services de renseignement en retraite au courant du dossier sécuritaire de ce magistrat.

Le procureur général a également réussi à former un réseau de relations avec le personnel administratif, à plusieurs niveaux ; en particulier, avec l’actuel wali de Ghardaïa, M. Azeddine Mechri qui est à ses côtés à chaque cérémonie privée soit-elle ou officielle.

Ces deux compères devenus le duo de l’intimidation local et qui se disent avoir l’appui franc du chef de la quatrième région militaire, et qui, au même temps, jouent la carte de la séduction auprès de la population locale, usant de l’aide de ce qu’ils appellent, officiellement, «les notables», mais qui ne se résument qu’à des «conseils des sages», prétendant représenter la population de Ghardaïa, puisque quelques-uns sont Ibadites et d’autres Malékites, dont la plupart sont des entrepreneurs et hommes d’affaires et même des représentants de certains domaines de l’Etat, mais en dehors des structures légales qui, à travers le réseau de trafic d’influence qui bénéficient de projets. Un autre article leur sera bientôt consacré.

(Voir la traduction du communiqué du PG de Ghardaïa)

Instauration d’un système de quotas

Le wali et le procureur général de Ghardaïa ont réussi à soumettre les habitants du pays M’zab, à un système de quotas, que ce soit dans le secteur du logement, du travail, ou encore d’attribution de parcelles de terrains, pour ne citer que ces domaines-là, officialisant ainsi le tribalisme, en contrepartie de privilèges qu’ils en tirent pour régler certaines affaires à l’amiable et en dehors des circuits de justice et de l’administration.

Exemples : Notre source qui tient à son anonymat – pour le moment –, évoque la réussite de M. Ben Salem Mohamed, dans la création d’un large et très fort réseau d’intermédiaires, chargés de négocier des affaires en justice, avec des justiciables pris dans leurs pièges avec la participation même de certains avocats qui occupaient des fonctions dans le système judiciaire de Ghardaïa et qui sont devenus de véritables courtiers de justice, moyennant d’énormes sommes d’argent, pour garantir le résultat espéré.

Ceux sont eux qui étaient derrière l’emprisonnement d’une coiffeuse à Ghardaïa et qui avait obligé la corporation d’avocat de la boycotter en la menaçant de représailles, en lui collant une affaire de drogue.

 

Ce scandale dans lequel le procureur général, Mohammed Ben Salem, avait joué un rôle important, avec la complicité du Bâtonnier Menad Bachir et du ministre Tayeb Louh, pour influencer la cour de la justice et sortir l’avocate Rezazga Sabrina  poursuivie sur la base des articles 145, 176 et 300 du CP, 33 et 52 de la loi relative à la prévention et lutte contre la corruption, 15/1, 17 et 17/1 de la loi relative à l’usage et trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, condamné en première instance à 2 ans de prison dont 15 mois ferme, réduite ensuite à un an avec sursis après les interventions extra judiciaire facilité pat Mohammed Ben Salem, moyennant quelques « cadeaux » dont ont bénéficié lui et le bâtonnier de Médéa.

Contrairement à ce que le procureur général voudrait faire comprendre à l’opinons national et locale, quand il faisait semblant de dénoncer une ingérence d’un cadre du ministère de la justice dans les prérogatives d’un juge d’instruction. En réalité, ce dernier viens justement de perdre une couverture qui lui donnait carte blanche d’intervenir et d’orienter les décision de justice de la cour et de tous les tribunaux de la compétence de la cour de Ghardaïa, en contact direct avec l’ex ministre de la justice, Tayeb Louh, à qui il faisait des rapports sur les magistrats qui n’obéissaient pas aux ordres, notamment et surtout les juges d’instruction, qui ne prenaient pas les demandes de mises en détention provisoire.

(comme des ordres considérant cela comme des orientation de Bouteflika comme il l’avait très bien expliqué au journal El Watan, lors de son installation) ; et osaient décider autrement, à l’image de la magistrate Kablouti Amel, qui avait estimé que la demande du procureur Bouzidaoui Khathir de mettre un groupe Targuis en détention provisoire exagéré, et qui avait décidé un contrôle judiciaire, ce qui lui avait valu des remarques déplacés du procureur Bouzidaoui Khathir, avec des menaces à haute voix devant tout le monde dans les couloirs du tribunal, elle fut convoquée par Mohamed Ben Salem dans son bureau, lui demandant des explications sur son refus d’exécuter les ordres du parquet, et quand elle lui rependait qu’elle n’avait pas d’ordre à recevoir du parquet, il lui promets une mutation qui arriveras très bien tôt, c’est comme ça que cette magistrat à été mutée, en janvier 2019, à Khenchella.

En réalité, Mohamed Ben Salem, a vu son influence directe sur les juge d’instruction un peu freinée par ce fonctionnaire de la cour suprême juste après le limogeage  de Tayeb Louh, c’est la raison pour laquelle il à rompu l’obligation de réserve dans une tentative de faire soulever une partie de la population contre l’administration centrale en profitant du climat de rejet du peuple des symboles du régime, pour se placer comme rebelle et récupérer du coup son influence sur l’ensemble des fonctionnaire de la juridiction de Ghardaïa, si non, il aurait soit fait un rapport sur l’incident à sa tutelle, ou, à la limite, engagé des poursuites contre le cadre en question.

Afin d’éviter tout contact direct, dans ses magouilles, Mohamed Ben Salem se fait aider par le procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa, M. Bouzidaoui Khatir. Ce dernier a mystérieusement réussi à s’extirper d’une affaire de trafic d’influence, un dénommé Thaâlab (le chacal) qui avait une relation directe avec le général Ménade. La procédure fut très simple et s’est appuyée sur le laxisme du parquet, ce qui a permis au chacal de quitter le territoire national; et trois greffiers furent mis en cause par Ben Salem et Bouzidaoui; et furent poursuivis et jugés pour divulgation du secret professionnel.

Bouzidaoui est allé jusqu’à la fabrication de preuves contre un de ces greffiers en complicité avec le juge d’instruction Boukhatem Abdelhak, muté à l’occasion vers une autre juridiction pour camoufler le scandale, selon un fonctionnaire près le tribunal de Ghardaïa.

Manipulation et organisation de malfaiteurs

Comme le trafic d’influence ne marche pas assez sur le terrain, Ben Salem  ira jusqu’à recruter un groupe de repris de justice qui dirigeaient des pages incitant à la violence contre les mzabs, allant jusqu’à prévoir un plan d’attaque contre tous les Mozabites.(Document N°2) Des traces de cette campagne haineuse ont été retrouvées dans des salons de discussions privés, par les services de sécurité et de la justice mais qui n’ont jamais agi contre leurs auteurs.

Quelques-uns des pseudonymes relevés dans ces discussions, figure celui d’Ahmed Chaambi, et le dénommé Ahmed Zaoui, qui apparaît mystérieusement aux coté du wali de Ghardaïa dans des visites officielles, alors qu’il n’occupe aucune fonction officielle, et qui en plus se fera passer pour un expert sécuritaires, impliqué aussi dans le dossier de Touati Merzoug, pour s’être fait passer pour un juif de Tlemcen, dont le juge d’instruction, près le tribunal de Bejaia, a refusé de le convoquer. Cela en dit long sur l’acharnement du procureur général de Ghardaïa sur l’avocat Me Salah Dabouz qui le pousse jusqu’à s’immiscer dans les dossiers des clients.

Kameleddine Fekhar et ses deux enfants arrêtés

Kameleddine Fekhar et ses deux enfants 

Ce groupe -qui compte aussi des hackers- agit clandestinement pour le compte du Wali de Ghardaïa, pour blanchir son image et celle du procureur général, en suivant les pages des activistes M’zabs, afin de lui fournir, au procureur général, des rapports quotidiens sur ce qu’ils écrivent. A son tour, Mohamed Ben Salem les transmet aux services de sécurités pour fabriquer des dossiers contre eux, dans le but de les mettre derrière les barreaux.

En parallèle, il anime la page « ici c’est Ghardaïa » qui a publié les trois communiquées du procureur général, contre Me Salah Dabouz. Le troisième étant un communiqué scandaleux prouvant sans aucun équivoque les penchants d’extrémistes religieux de Mohamed Bensalem et son partie pris contre les Mzabs en général et les militants des droits humains en particulier, (Document N° 4 et 5) qui a obligé l’avocat à déposer plainte conte le procureur et un cadre au ministère pour abus d’autorité.

Biens mal acquis

En plus d’une villa acquise dans le quartier les castors, à Ain Sefra, Ben Salem Mohamed profite bien de sa position à la tête du parquet près la cour de Taghardayt (Ghardaïa), pour protéger les intérêts de certains groupes de trafic d’influence, dans quasiment tous les domaines et qu’importe leur culte, Ibadites ou Malékites. Preuve en est, une luxueuse villa à Aïn Safra est gracieusement en cours de réalisation par deux entrepreneurs (Le Malékite Laouirat Messaoud et l’Ibadite Hbireche Mahfoud).

Au-delà de cette somptueuse villa, les deux entrepreneurs lui auraient financé un troupeau de moutons de 1000 têtes dont il dispose, ainsi qu’un voyage de soins en Jordanie, en contrepartie d’une protection contre toute poursuite ou même petit contrôle des services judiciaires, administratifs ou sécuritaires par rapport à toutes leurs activités et dans tous les domaines.

Ben Salem Mohamed a aussi réussi à obtenir un prêt bancaire de 700 milliards, en faveur de son neveu pour la construction d’un hôtel à Tiout, dans la daïra d’Ain Safra ou encore un autre prêt bancaire de 180 milliards, pour la construction d’un parc d’attraction, en s’offrant une partie de la forêt qui est situé à côté de la route nationale. En plus de tout cela, Ben Salem possède une agence de tourisme spécialisée dans l’organisation de pèlerinage et Omra, dirigée par son neveu. Le plus précieux de ses biens mal acquis est une maison de hôtes, très bien équipée pour les cérémonies de fêtes et de mariages où il y reçoit les délégations officielles. Elle se situe dans la cité Moulay El Hachemi, à Ain Safra.

Demeure de Mohamed Ben Salem, construite avec des pots de vin

Bras de fer pour une justice propre

L’avocat et défenseur des droits de l’homme, Salah Dabouz est l’un des rares avocats à recourir aux mécanismes internationaux; pour dénoncer énergiquement, sur les réseaux sociaux et dans de nombreuses interviews, les pratiques scandaleuses de certains juges de Ghardaïa, parlant surtout du comportement de Mohamed Ben Salem qui a émis un mandat d’amener contre l’avocat en question. Ce dernier fut arrêté à Alger, dans un restaurant, pas loin de son cabinet ; et présenté devant le juge d’instruction, le lendemain.

Selon les mêmes sources, le procurer général aurait organisé une réunion avec le président de la cour de Ghardaïa, Fahim Mohamed, frère de l’ancien Wali de Ghardaïa, Fahim Yahia (comme par hasard) issus de Nedroma, le procureur de la république principal près le tribunal de Ghardaïa, M. Bouzidaoui Khatir, le président du tribunal de Ghardaïa, M. Degdeg Djamel et M. Bouameur Bouhafs, président de la fondation des Chaâmbas, à l’issue de laquelle le procureur général de Ghardaïa) aurait donné sa parole d’honneur d’arrêter les activistes M’zabs les plus en vue, dont l’avocat, Me Salah Dabouz.

L’arrestation de Me Salah Dabouz avait provoqué un élan de solidarité national et international, sans précédent, chez les avocats qui avaient décidé d’une grève générale, exécutée par l’union des barreaux d’Algérie, le 9/4/2019,  ce qui avait fait intervenir un cadre du ministère de la justice, qui aurait contacté le juge d’instruction vis à le parquet pré le tribunal de Ghardaïa,  lui demandant d’intervenir auprès du juge d’instruction de la première chambre, pour éviter l’incarcération de Me Dabouz, et le procureur général aurait violemment réagit à cette intervention, ce qu’il l’a poussé à émettre un communiqué où il condamnerait et dénoncerait ce geste, allant jusqu’à menacer les avocats qui déclareront leur soutien à Me Dabouz de poursuites judiciaires et disciplinaires.

Il a accusé Me Dabouz, dans ce communiqué, de trafic d’influence, déclarant que le parquet aurait reçu un appel téléphonique de la part d’un cadre du ministère de la justice, le sommant de libérer l’avocat dans l’immédiat, au moment où l’avocat écrit sur  sa page Facebook que le juge d’instruction lui avait demandé, à lui et à ses avocats, de quitter son bureau pour qu’il puisse réfléchir à la suite à donner à son cas, et qu’il considère cela comme une preuve irréfutable de l’ingérence de cadres du ministère, dans le travail des juges, mais rien ne prouve que cette ingérence ait été faite en sa faveur, mais qu’au contraire, elle se serait faite en sa défaveur, puisqu’il est soumis à un contrôle judiciaire par une décision abusive, au moment où ses client sont carrément emprisonnés sans être jugés.

Me Dabouz a défié le procureur général qui déclare refuser toutes intervention dans ses attributions et les attributions des juges, de poursuivre celui qui s’est ingéré dans les attributions du juge qui l’a convoqué à Ghardaïa, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés au nom de la loi ; en particulier s’il croit sincèrement que la loi est au-dessus de tous, lui demandant de ne pas se contenter de se lamenter sur des violations de la loi, lui qui représente le pouvoir répressif de quiconque la viole.

Il va jusqu’à dire que si ce dernier n’a pas le courage de le faire, ça sera alors lui qui déposera personnellement une plainte pour intervention par un cadre supérieur, afin d’influencer le travail d’un juge et demander à entendre le procureur général et le procureur de la république, en tant que témoins ou complices, car ils n’ont pas refusé de le faire, mais l’ont aidé à le faire, vu que le procureur général a déclaré que l’intervention avait été effectuée par l’intermédiaire du parquet, et non par un contact direct avec le juge d’instruction. Cela confirme et prouve l’ingérence dans le travail du juge d’instruction.

L’avocat soutient que la règle légale dispose que la détention provisoire ; et toutes les mesures conservatoires ne sont dues qu’à des faits graves et que la liberté d’expression ne constitue pas un fait grave. Logiquement donc, il ne peut être le bénéficiaire d’aucune sorte d’ingérence d’où qu’elle vienne, parce qu’à l’origine il ne cesse lui-même de dénoncer les pratiques des cadres du ministère pour abus d’autorité, ingérence dans le travail des juges, et qu’enfin la déclaration du procureur général est une excellente preuve matérielle de la véracité de ses accusations.

Le comble dans cette affaire est que ce procureur général a émis un communiqué où il se réfère à des textes religieux et au prophète Mohammed beaucoup plus qu’au texte légaux; et où il déclare que son premier objectif est bel et bien religieux, ce qui pose beaucoup de points d’interrogation, concernant son rôle joué à Ghardaïa et ses alliances déclarées avec la communauté arabe de la région Mzab.

Liberté pour Kameleddine Fekkhar et tous les prisonniers mozabites

Kameleddine Fekkhar et Salah Dabouz avec des militants mozabites

Me Dabouz, dit avoir saisi l’Union Internationale des Avocats (UIA), étant un de ses membres, mais également, du fait que les lois internes le lui permettent, et qu’il a soumis un rapport sur l’arbitraire du pouvoir judiciaire et le silence du ministère de la Justice. L’UIA a réagi par une lettre très ferme qu’elle a adressée au ministre de la justice. Aussi, Front line Defenders dénonce cet acharnement sans précédent contre un avocat intègre, connu pour ses activités humanitaires.

 

Pour rappel, Me Dabouz a toujours défendu au nom de la loi et non au non d’un rite religieux ou de son appartenance ethnique, comme il l’a si bien prouvé en défendant les membres de l’Ahmadiya qui sont de plusieurs régions du pays.

 

 

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