Et si c’est fini pour le règne de Bouteflika ?

Par Mourad Hammami

Il faut rester prudent sur les événements qui se succèdent et cette bataille féroce au coeur du système autour du probable 5e mandat de Bouteflika.

La plupart semblent et se remettre à cette évidence fatale où tout est tranché, tout est ficelé, tout est décidé et le 5e mandat ou le plébiscite de Bouteflika pour un nouveau mandat est désormais une réalité, et ce depuis l’annonce hier du FLN, ayant choisi Bouteflika comme candidat pour ces proches élections.

Mais si l’on analyse cette déclaration de près, on va comprendre que c’est le FLN de Ould Abbas qui a proclamé cette chose et non Bouteflika ou son entourage. Le FLN de Ould Abbas voit Bouteflika non pas comme candidat, mais comme un bâton, un outil et une machine entre leur mains pour maintenir cette mainmise terrible sur le pays, dans le seul soucis de poursuivre la politique des privilège et du pillage sans scrupule des richesses du pays.

J’ai vu que même la presse étrangère a considéré l’annonce du FLN comme une information officielle de la candidature de Bouteflika. Or cela n’est que le son des tambours du FLN pour exprimer son obsession pour que le 5e mandat aura lieu, quelques soient les conditions et quelque soient les conséquences. Politiquement parlant, le FLN de Ould Abbas et compagnie applique la politique de la terre brûlée contre le pays , contre le peuple et contre les valeurs de la politique et de la démocratie.

Il y a également un détail à relever. Il est curieux que la télévision, voix officielle ou agence officielle du système n’a pas évoqué cet événement. Il est à rappeler que c’était l’ENTV  qui a annoncé en premier l’affaire de la saisie des 701 kg de la cocaïne au port d’Oran.

Si l’on analyse d’autres détails et d’autres événements qui agitent la scène politique algérienne ces dernières semaines l’on comprend que le jeu de la bataille qui oppose différents clans du système reste ouvert et indéterminé.

Ce n’est pas innocent toute cette agitation de ce sulfureux Anis Rahmani patron fabriqué des médias controversé Ennahar. Il y a  une curieuse vague d’arrestation et beaucoup d’autres événements inédits en Algérie.

Et puis le dernier coup de force du FLN pour destituer Bouhadja est une autre page d’événements à étudier de près. Si ce clan du système qui se proclame chef incontesté de l’Algérie contrôle réellement la situation, il n’aura pas besoin de tout ce bruit, ces actions de force, ce tapage, pour renverser le président de l’APN tout en piétinant au grand jour sur les lois de la république.

Cette agitation peut être perçue comme une panique, un signe de faiblesse de ce clan qui fait un course contre la montre, qui joue le tout pour le tout désespérément.

Or certains échos qui nous parviennent des milieux bien placés au système évoquent un autre décor, une autre réalité qui se cache derrière toute cette agitation de façade. Ces milieux sont catégoriques et laissent entendre depuis plusieurs mois déjà que le contrôle du pouvoir échappe au clan de Bouteflika et ce particulièrement après l’affaire des 701 kg de cocaïne. Selon eux, désormais, la situation est sous le contrôle du puissant Gaid Salah et du clan de l’Est, ainsi que d’une partie du clan du centre et d’une partie des services secrets.

Si la situation est sous contrôle pour le clan de Ould Abbas et acolytes, il n y aurait pas tout ce spectacle désolant et l’assaut donné contre le siège de l’APN. On aura pas à s’empresser à annoncer que le FLN a choisi Bouteflika comme candidat pour 2019, tout en jouant cette malice de vouloir faire comprendre ou tromper les gens en leur faisant croire que cette annonce est synonyme de celle de la déclaration officielle de candidature de Bouteflika pour briguer un 5e mandat.

Enfin, il faut rester prudent sur l’affaire de renversement du président de l’APN. l’affaire n’est pas encore close, tant que le Conseil constitutionnel n’a pas donné son aval.

La nuit des grands couteaux en Algérie se poursuit terriblement et tout laisse croire que rien n’est encore joué et rien n’indique clairement que le règne de Bouteflika se poursuivra au delà de 2019.

M.H

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