Gaid Salah veut sauver ce système dont il est issu plutôt que de sauver l’Algérie !

On s’achemine tout doucement mais tout droit vers une révolution à blanc. Une révolution pour rien. Passé le choc des premières manifestations, le Pouvoir est entrain de se reconstituer, de se recycler et de se renforcer car on lui a donné tout le temps qu’il faut pour le faire.

Rien de concret n’a encore été obtenu si ce n’est le départ de Bouteflika Abdelaziz dont le mandat devait de toute façon arriver à échéance fin avril.

Les partis-makhzen que sont le FLN et le RND sont toujours aux commandes, la justice-téléphone sévit toujours, les innombrables outils de propagande du pouvoir : télés, radios, journaux et réseaux parallèles comme les télés off-shore, fonctionnent à plein régime, les officines secrètes et polices politiques sont plus actives que jamais et les pouvoirs qui étaient aux mains des Bouteflika se retrouvent dans celles de Gaid qui a définitivement choisi de sauver ce système dont il est issu plutôt que de sauver l’Algérie.

Personnellement je pense qu’on ne peut pas être révolutionnaire à mi-temps ou seulement le week-end ou les jours fériés. Soit on se mobilise pour faire aboutir le changement vers un Etat de droit qui respecte tous ses citoyens et travaille à leur bonheur, soit on reste à la maison et on se soumet à son triste sort.

Les acquis d’octobre 88 ont été gommés en dix ans à peine sans que l’on se rende compte. Il en a été de même avec le formidable soulèvement de 2001 même s’il n’a concerné que la Kabylie. Le Pouvoir a fini par nous avoir à l’usure. L’extraordinaire mobilisation de la population ainsi que le sacrifice suprême consenti par les 126 martyrs du printemps Noir n’auront finalement pas servi à grand-chose. Le pouvoir n’a consenti à démanteler une vingtaine de brigades de gendarmerie que pour mieux construire, un peu plus tard, d’autres brigades et groupements ainsi que des commissariats par centaines.
Derrière chaque citoyen un imam, un gendarme ou un policier pour mieux le surveiller.
Le Pouvoir algérien ne donne d’une main que pour reprendre de l’autre. Et quand on ne tire pas les leçons de ses erreurs du passé, on est condamné à les refaire pour arriver aux mêmes échecs.

Djamel Alilat

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