Le 11 décembre 2019: Dernier virage et risque d’insurrection généralisée et pacifique du peuple

Élections présidentielles (Algérie) – La feuille de sortie de crise, soutenue par le général et chef d’État Major Ahmed Gaid Salah, est confrontée à un défi de taille. Une occasion de mobilisation, hautement symbolique, similaire au premier novembre. Le 11 décembre commémorant la manifestation historique de 1960. La veille du 12 décembre. Des appels se font entendre déjà sur les réseaux sociaux, pour faire de cette date une étape clé du Hirak.

L’élection présidentielle du 12 décembre prochain serait, selon le chef d’État Major Ahmed Gaid Salah, la seule issue à la crise que traverse l’Algérie. Une issue que refuse une grande partie du peuple algérien, dans les rues pour le neuvième mois consécutif. La démonstration de force à l’occasion du premier novembre, dans laquelle le refus de ces élections était l’un des points d’unanimité, laisse place à une autre date symbolique. L’historique manifestation du 11 décembre 1960 dont la commémoration coïncide avec la veille des élections présidentielles.

Avec cinq candidats, majoritairement de l’ancien régime de Abdelaziz Bouteflika, l’option des élections présidentielles du 12 décembre a perdu des soutiens qui rallient le camp adverse. Celui-ci appelle au changement radical du système.

Risque d’escalade à la veille des élections présidentielles

Si la situation politique en Algérie n’a jamais été aussi critique, l’approche des élections présidentielles n’apaise pas les esprits. Avec plusieurs activistes en prison, le mouvement contestataire en Algérie voit en ce scrutin une continuité du régime. Voir un cinquième mandat sans Abdelaziz Bouteflika.

La mobilisation du premier novembre écoulé, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, notamment à Paris, rime avec une volonté populaire du changement du système, qui ne s’essouffle pas. Un changement radical, dont le pouvoir actuel, représenté par Ahmed Gaid Salah, ne voit pas l’utilité et met en avant la légitimité constitutionnelle. Une constitution que le Hirak veut changer avant d’élire un président.

Les observateurs sont unanimes, le 11 décembre prochain sera décisif pour l’avenir du pays. Un risque d’escalade serait également éminent si les deux camps tiennent à leurs positions infléchies.

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