Le sucre peut être un remède contre le coronavirus !

Alors que l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV s’étend et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’urgence internationale, des chercheurs suisses et britanniques affirment pouvoir enrayer le phénomène grâce à un traitement novateur issu… du sucre.

Il s’agit en fait de molécules de cyclodextrine, un dérivé naturel du glucose, que les chercheurs de l’Université de Genève, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de l’Université de Manchester ont modifiées.

L’étude, parue dans Science Advances, explique qu’ils ont ainsi créé une substance capable de détruire de nombreux virus, par simple contact. C’est le propre des matières virucides : en perturbant l’enveloppe externe d’un virus, elles l’inactivent irréversiblement.

En cas d’épidémie, elles sont donc bien plus efficaces que les médicaments antiviraux qui, pour la plupart, se contentent d’inhiber la croissance des virus, sans les détruire. Sachant qu’il existe en plus un risque de voir l’agent pathogène devenir résistant au traitement par mutation.

Problème : la majorité des substances virucides sont également toxiques et ne peuvent donc pas être absorbées par l’homme. C’est notamment le cas de l’eau de javel. Avec leur trouvaille, les chercheurs ont contourné cette difficulté puisque les cyclodextrines sont biocompatibles.

Elles sont «faciles d’utilisation» et «ne déclenchent pas de mécanisme de résistance», développe Samuel Jones de l’Université de Manchester, dans un communiqué de l’EPFL.

L’efficacité du traitement a déjà été testée sur différents virus : celui de la bronchiolite, de la dengue, de l’herpès, de l’hépatite C ou le papillomavirus, entre autres. A terme, ce remède pourrait être administré sous forme de crème, de gel ou même en vaporisateur nasal.

Les chercheurs ont d’ailleurs déjà créé une start-up afin d’exploiter au mieux le potentiel de leur découverte.

Dans le communiqué publié par l’EPFL, Valéria Cagno, de l’Université de Genève, estime que les traitements à base de cyclodextrines pourraient être commercialisés rapidement puisqu’elles «sont déjà couramment utilisées, notamment dans l’industrie agroalimentaire».

Dans leur étude, les scientifiques considèrent que ce nouvel antiviral est particulièrement indiqué pour lutter contre les virus émergents pour lesquels il n’existe pas encore de vaccin, «tels que le récent coronavirus qui suscite actuellement des inquiétudes en Chine».

 

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