Mesdames Messieurs chers compatriotes Bonjours

Permettez-moi d’apporter selon moi une certaine réalité du changement comportemental de notre Algérie des années 1970 et hélas la réalité d’aujourd’hui 2019 .

Pour commencer il y a une énorme différence entre de valeurs entres les les années 70 et aujourd’hui .

Pourquoi prendre un tel sujet : tout simplement parce que le lien social, fraternel, nos valeurs de jadis à l’heure actuelle, se délite de plus en plus vite et parce que nous voyons monter une violence qui n’est ni la violence fondatrice du droit ni la violence nécessaire dans les rapports humains,

Les hommes d’honneurs de la révolution de Jadis Alla Yarhamhoums ont dit sans les respects social solidaire et fraternel mutuelle entre nous, et sans la discorde nous ne serions que des agneaux bêlants) mais une violence par excès, un mal radical (élémental dit Lévinas, 1934) qui vise à supprimer non seulement l’individu mais le sens, à faire en sorte que plus rien dans la vie n’ait de sens.

On voit, de plus en plus, de personnes qui se replient sur leur identité propre, qui n’ont souci que de « soi », de leur vie privée, de leurs investissements quotidiens, de leur famille.

L’homme ne se sent plus, alors, faire partie de l’espèce humaine et il ne participe plus au travail de la civilisation (Kulturarbeit). Il considère les autres comme uniquement des obstacles ou des objets de plaisir.

Je propose donc une vision tragique de la vie non pour nous laisser envahir par la fatalité mais pour examiner lucidement si une autre voie est possible, si donc nous pouvons faire prévaloir la civilisation, malgré les ambiguïtés, sur la médiocrité et l’individualisme personnel. Partons d’un constat :

Le citoyen (bien des personnes ne sont pas considérées comme telles : esclaves, métèques, femmes, enfants) utilise sa liberté pour prendre une part active, s’il le désire, au fonctionnement de la communauté. Tous les citoyens ont le même droit à la parole et doivent être écoutés dans un espace public de débat même si, la plupart du temps, ce sont les rhéteurs (les sophistes) qui captivent

surtout l’attention. Si, après la disparition de la démocratie , ce type de sujet s’est effacé (à tel point que La Boétie a pu se demander s’il n’existait pas un désir de soumission, une servitude volontaire, permettant à l’« Un » de gouverner, sans freins, tous les autres) durant les périodes féodales et monarchiques,

Pour que l’individu puisse devenir un être historique, il a fallu naturellement qu’il devienne un sujet de droit, c’est-à-dire quelqu’un qui puisse se prévaloir de droits (droits politiques, droits civils, plus récemment droits sociaux) et surtout qu’il soit reconnu comme ayant le droit, en tant qu’être humain ou en tant que citoyen d’un pays, de jouir de la totalité des droits accordés (ou arrachés) à l’ensemble des nationaux ou à l’ensemble des hommes résidant dans un territoire. Le sujet de droit est donc un individu considéré, respecté à l’instar de tous les autres et qui est sous la protection d’une loi, semblable pour tous.

C’est le droit qui fonde la liberté réelle des hommes, comme le pensait Rousseau. Sans droit, chacun serait livré à l’arbitraire du tyran, de l’État, de la caste ou de la classe. Mais il ne s’agit pas seulement de jouir du droit. Être un sujet de droit signifie également advenir comme un acteur dans l’établissement des lois (soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants) et agir activement pour fonder et refonder la loi et pour fournir au cadre légal, ainsi formé, ses sources

de légitimation. Le sujet de droit s’est constitué lentement dans un combat continu contre les formes de domination et, la plupart du temps, s’est consolidé au travers d’actions collectives exemplaires en montrant sa force. Aussi, ne faut-il pas oublier qu’au fondement du droit réside toujours la force, mais une force tendant à se nier puisqu’elle est à l’origine des obligations sociales et de l’armature juridique et qu’elle se fondra en elles.

« Qu’est-ce que c’est que la dignité de l’être humain ? Qu’est-ce que c’est que le respect de l’être humain ? »

Il y a un effort dans ce sens là. Le renouveau de l’éthique, l’émergence d’un désir de retrouver la joie à travailler et vivre ensemble, d’un désir d’amicalité, de convivialité permettent de reconstituer le tissu social (Freud l’avait bien vu) : c’est l’amour mutuel (la libido associationis) qui est au fondement du lien social et non pas seulement la mort mutuelle. C’est grâce à lui que peut être envisagé le « dépérissement de l’État ».

Dr Ismail GUELLIL

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