Plus de 170 médicaments indisponibles dans les officines

Plus de 170 médicaments manquent à l’appel, dont certains d’une extrême importance constate le Syndicat des pharmaciens d’officine. Plus grave, la pénurie touche également certains médicaments fabriqués localement. C’est le résultat d’un système d’approvisionnement devenu défaillant avec la mise en place d’une agence de médicament sans qu’elle soit dotée de moyens matériels et humains nécessaires.
S’exprimant à l’émission «L’invité de la rédaction» de la chaîne 3, le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (Snapo) Messaoud Belhambri a estimé que, malgré la mise en place de l’Agence du médicament, l’installation d’une cellule de veille et la transmission des propositions via le comité de concertation, il n’y a pas eu de résultats concrets à la pénurie des médicaments qui perdure.
Selon Dr Belhambri, il existe «une pénurie de 170 à 200 médicaments, dont 80% sont des produits importés». C’est le cas, précise-t-il, d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, et de vitamines injectables, «indispensables».
Rappelant que ces ruptures «ne datent pas d’aujourd’hui»,
M. Messaoud Belhambri note que les raisons qui en sont à l’origine ont été maintes fois identifiées. Toutefois, la rupture sur certains médicaments entraîne l’apparition de pratiques inacceptables qui accompagnent la commercialisation des médicaments telle que la vente concomitante qui consiste à fournir le médicament manquant et à en imposer d’autres au pharmacien qui n’en a pas besoin ou qui ne se vendent pas.
Le président du Snapo a relevé, également, le problème de l’anarchie qui sévit dans ce secteur et a soulevé d’autres raisons liées à la perturbation du marché des médicaments comme les retards dans les commandes d’importation, la signature tardive des avenants et l’interdiction d’importation de certains produits pharmaceutiques par le gouvernement.
Ainsi et pour régler la question récurrente des pénuries de médicaments, le Dr Belhambri estime indispensable de revoir tous les outils de suivi de cette filière, tout comme ceux concernant l’organisation de la distribution des produits de soins.
Par ailleurs et en ce qui concerne l’agence du médicament, l’on se demande, si elle dispose suffisamment de moyens «pour fonctionner de manière efficace» pour pouvoir régler «la crise du médicament» car cette autorité administrative indépendante qui a pour missions essentielles, entre autres, l’enregistrement de médicaments ainsi que l’homologation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux destinés à la médecine humaine, est également chargée de «veiller à la sécurité, l’efficacité, la qualité et le contrôle de ces produits et à en assurer la régularisation du marché».
Créée en 2009 et lancée 8 ans plus tard en 2017, l’Agence du médicament peine à exercer ses prérogatives.

 

Source : ici

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