Sidi Said de l’UGTA départ pour des raisons médicales ou limogeage déguisé ?

Sidi Said de l’UGTA partira t-il réellement pour des raisons médicales ?
Par Mourad Hammami
contrairement à beaucoup d’autres, je ne suis pas surpris par l’annonce de Abdelmadjid Sidi Said de la maladie de cancer dont il souffre et synonyme de son départ de l’activité syndicale, plutôt politique au sein de la puissante UGTA.
C’était si je me souviens bien, en 2006, lors du congrès de l’union de wilaya de Tizi Ouzou.
J’étais présent avec une double casquette lors de cet événement. J’étais présent en tant que cadre syndical, mais également en tant que journaliste.
lorsqu’il est venu me saluer, je lui ai posé une question sur un sujet d’actualité sensible. si je me souviens bien, c’était autour de l’article 87 bis sur la rémunération des travailleurs. Il m’avait mal répondu. il n’a pas voulu me répondre. Il avait constaté de la colère et de la déception sur mon visage. En homme averti, il avait tout de suite tenter de rectifier le tire. Il m’a demandé pour quel journal, je travaille Puis il a commencé à me parler du premier responsable de ce journal et me dire qu’il est un ami à lui.
 
Il s’est excusé de ne pouvoir répondre à ma question pertinente, arguant qu’il va bientôt monter sur la scène pour présenter son discours d’inauguration de ce congrès de l’UGTA de Tizi Ouzou.
Puis dans le discours, il commence par des notes tristes. « Chers frères travailleurs, je dois vous annoncer que je suis très fatigué. Je vais me retirer de toute activité syndicale. Je suis très malade! »
Puis dans la salle, les présent se lèvent pour l’encourager: « vive Sidi Said, vive l’UGTA. Nous sommes avec toi. Tu resteras avec nous…. »
« SVP Non! Cessez ce jeu, c’est sérieux, je suis très malade et je dois vous laisser! ».
Donc, si ‘au raconté cette petite histoire, ce n’est pas pour étaler une quelconque prétention ou subjectivité, mais pour se poser les questions sur les raison exactes de l’annonce de cette nouvelle cette semaine par Sidi Said.
L’Algérie traverse depuis juin dernier, une période de trouble, d’agitation, de purge au sommet de l’Etat. Des grands généraux sont écarté, humilié et empêchés de quitter le territoire national.
Il est possible dans ce climat que l’annonce de Sidi Said est une poussée vers la sortie déguisée. Car Sidi Said ne se maintien pas au sommet de cette organisations de masses, dont je connais certains secrets, par sa force, sa légitimité. On est très loin de l’UGTA de Rachid Aissat et de Benhamouda. Cette organisations, durant ces dernières décennies est devenu un appareil politique, une planète machine qui tourne autour du système, sans relation réelle avec son rôle initial.
A titre d’exemple, une fois ils nous ont convoqué en urgence au Palais du peuple à Alger, pour soutenir Sidi Said, en tant que syndicaliste de Tizi Ouzou face au clan de Djenouhat qui le menaçait, juste quelques jours après les élections au sein de l’UGTA pour désigner le premier secrétaire.
Ce jour là il y avait des centaines de syndicalistes qui se sont réunis dans la cour du Palais du peuple. D’un côté, les soutiens de Djenouhat et de l’autre ceux de Sidi Said. Mais finalement, c’était Sidi Said qui a gagné la bataille, car il a eu le soutien du pouvoir.
Durant toujours cette élections, Sidi Said devrait être tout d’abord être élu à Tizi Ouzou, avant de se présenter au niveau national. A rappelr qu’avant il était S.G de l’union de wilaya UGTA de Tizi Ouzou. Or, dans les élections de wilaya, on a du jongler pour le faire passer de justesse.
Durant la soirée à Alger, les élections ont donné Djenouhat vainqueur. Il y a eu un grand cafouillage cette nuit là au Palais du peuple. Il y avait agitation et une bataille décisive. La présidence et le DRS avait dépêché plusieurs hauts responsables, parmi eux Abdelmalek Sellal pour arbitrer.
Finalement, c’était Sidi Said qui a été désigné, et les résultats vote n’est en réalité qu’une formalité facultative.
Il est possible que les raison médicale, annoncé par ce patron de l’UGTA, synonyme de son départ proches soient véridiques et sincères.
Mais durant cette conjoncture particulière que traverse le pays, marquée par l’affaire des 701 kg de la cocaïne saisie, le départ de plusieurs hauts responsables politiques et militaires, ainsi qu’une chasse contre ces fortunes faramineuses acquises souvent par l’abus du pouvoir et le trafique d’influence, il est normal de penser à une éjection déguisé. Il est possible que face à cette nouvelle politique lancée au sommet de l’Etat, Sidi Said, homme très controversé et devenu encombrant, soit lâché définitivement par les décideurs du système.
Peut être que les jours prochains, pourront nous éclairer beaucoup plus sur cette affaire.
 
M.H

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