Tentative d’immolation du producteur au siège de Dzair TV : Yacine Goucem : “Mon père s’est senti délaissé et marginalisé”

Comédiens, producteurs et réalisateurs se sont réunis, hier dans la matinée à l’intérieur de l’hôpital de Douéra (Alger), pour soutenir leur confrère et ami Youcef Goucem, qui a tenté de s’immoler le 7 janvier dernier, à l’intérieur du siège de Dzaïr TV, suite à un litige avec l’ancienne direction de la chaîne.

Des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel algérien, entre réalisateurs, producteurs et comédiens, se sont réunis hier dans la matinée au cœur même de l’hôpital de Douéra (sud-ouest d’Alger), en soutien au producteur et réalisateur Youcef Goucem, hospitalisé le 7 janvier dernier après sa tentative d’immolation, à l’intérieur du siège de la chaîne Dzaïr TV, suite à un litige commercial entre les deux parties. Devant l’entrée du service des brûlés, sa famille, ses amis et la corporation étaient présents afin d’apporter leur soutien à l’un des leurs. Le fils du producteur, Yacine Goucem, visiblement ému par la solidarité à l’égard de son père, dira, à propos de ce rassemblement : “C’est bien pour le secteur de l’audiovisuel de notre pays, parce qu’il a besoin d’un second souffle. Cela fait plaisir de voir toutes ces personnes, dont beaucoup de jeunes. Je pense que même mon père était content de voir ces gens venus le soutenir, cela ne peut que lui faire du bien.”
S’agissant du geste de son père, Yacine dira qu’il était pleinement conscient de la portée de son acte. “Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il le fasse. Je lui ai posé la question, il m’a dit qu’il l’avait fait en toute conscience. Mon père n’est pas fou, il s’est senti délaissé et marginalisé. On ne reçoit pas quelqu’un quinze minutes dans un couloir, pour négocier.” Et de poursuivre, à propos des deux entrevues qu’il aurait eues, le jour du drame : “Certaines rumeurs disent que mon père a vu deux fois le directeur, c’est faux. Il n’est allé le voir qu’une seule fois ce jour-là. Je dois préciser qu’il n’y est pas allé pour négocier, mais pour demander ses droits. Nous avons toutes les preuves et tous les documents qui le prouvent.” Et d’ajouter : “Mon père n’a reçu qu’une partie de la somme d’un produit qu’avait diffusé la chaîne. Nous avons en notre possession les documents qui le prouvent. En revanche, deux autres produits ont été diffusés sans contrat ni accord. L’ancienne direction, à sa tête Mohamed Hakem, voulait faire une sorte de chantage à mon père, parce qu’à ce moment-là, la balle était dans son camp.” Par ailleurs, le fils du producteur nous a appris qu’une action en justice a été lancée avant l’acte du 7 janvier dernier, avec “preuves à l’appui”.

De son côté, la direction générale du groupe Médias Temps nouveaux, dont fait partie la chaîne Dzaïr TV,  dément, dans un communiqué adressé à notre rédaction, les accusations portées à son encontre, et qui concernent le non-paiement de la totalité du premier produit, le feuilleton “Sa ansa wa aoud”,diffusé au Ramadhan 2017. En effet, la direction argue que “sur le montant convenu de 17 850 000 DA TTC, Dzaïr TV a honoré le paiement de 13 375 000 DA TTC. Pour le reste à payer, qui s’élève 4 475 000 DA, M. Goucem a été invité à récupérer son chèque, depuis le mois de juillet 2018”. Concernant le feuilleton “Arkass nni” et d’une caméra cachée, dont le coût global s’élève à 6 millions de dinars algériens, les tensions sont nées suite “à la volonté de M. Goucem de réviser aussi bien le montant que ses modalités de paiement arrêtés”.

Pour leur part, la coordinatrice de cette action, Amina Haddad rencontrée lors du rassemblement, estime que la seule manière de surmonter ce genre de problème au sein de la corporation, reste une révision de la politique culturelle, le dialogue et l’union. “Un travail de fond, de réflexion et de mise à plat de tous les éléments de la politique culturelle, audiovisuelle et cinématographique doit être fait, afin de trouver le moyen de faire remonter ces données aux institutions concernées”. Et de renchérir : “Il faut se lancer dans une vraie politique de réglementation et d’amélioration de ce secteur. Il a fallu que l’un des nôtres se mette dans la pire des souffrances pour que même nous, ses amis, l’entendions.”
À noter qu’un nouveau rassemblement aura lieu, la semaine prochaine selon les organisateurs.

 

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